Premier bilan

Si l’on tire un bilan à chaud de cette édition 2020, les chances de victoire de l’équipe Hyundai semblaient souffrir de la comparaison avec une équipe Toyota en pleine ascension, les Yaris WRC ayant visiblement énormément progressé durant l’intersaison, tant au niveau moteur, que motricité ou tenue de route. Les Hyundai I.20 paraissaient moins agiles. Déjà lors des essais privés l’ambiance était fébrile, peut-être en raison de la présence de trois champions au sein d’une même équipe. Le sort allait rapidement décanter la situation lors de la violente sortie de route de l’estonien Ott Tanak, à cause vraisemblablement d’une erreur de notes. Quant à Sébastien Loeb, sa mission consistait à ramener un maximum de points au championnat sans viser expressément la victoire d’où peut-être un certain manque de motivation et quelques erreurs dans le choix des pneus.

Elfyn Evans termine 3e après avoir dominé les deux premières étapes du rallye. Une performance qui augure de prochaines victoires cette saison (copyright Morelli.Bertier).

Un rallye difficile pour Sébastien Loeb souvent en difficulté avec les choix de pneus (copyright Morelli.Bertier).

Elfyn Evans : un nom à retenir

Contre toute attente, le héros des premières étapes se nommait Elfyn Evans. Le jeune pilote anglais exploitait au maximum le potentiel de sa Toyota Yaris sans aucune directive de l’équipe. Lorsque ses poursuivants, notamment Sébastien Ogier (Toyota) et Neuville (Hyundai), levaient le pied par prudence dans les quelques secteurs glacés, Elfyn Evans ne se posait pas de questions, ce qui lui permettait de s’octroyer une petite avance avant la dernière étape. Hélas pour lui, Ogier et Neuville décidaient alors de passer à l’offensive et ne tardaient pas à refaire leur retard puis de prendre l’ascendant. Décontenancé, le jeune anglais devait se résigner à laisser échapper la victoire et même la seconde place. Quant à Thierry Neuville, cette victoire vient faire oublier sa déception de l’édition 2019.

Pour Thierry Neuville cette victoire pèsera lourd à l'heure des comptes (photo NP).

2e à 12''6 du vainqueur, Sébastien Ogier a tout donné au cours de la dernière étape (copyright Morelli.Bertier).

Les Citroën C3 survolent le groupe R5

Sans surprise, les pilotes Ford WRC sont restés en retrait, seul le finlandais Esapekka Lappi sauve miraculeusement la 4e place. On sait que Malcolm Wilson a fait de choix d’aligner une kyrielle de jeunes pilotes qui découvraient presque tous les spécificités du Monte-Carlo. Enfin les Citroën C3 ont survolé la catégorie R5, en particulier Eric Camilli qui termine brillant 9e du classement général et précède Ostberg, Ciamin, Bonato et Rossel. Sur le plan général, il faut applaudir sans réserves l’organisation des bénévoles gapençais qui ont une fois encore démontré leur savoir-faire en matière d’accueil, de parkings et de transports, en particulier lors du shakedown. Compte tenu des contraintes de sécurité ubuesques imposées par les autorités, la gestion des dizaines de milliers de véhicules de spectateurs est un tour de force.

Eric Camilli remporte la catégorie R5 devant quatre autres Citroën C3, performance groupée qui fait d'autant plus regretter l'absence du constructeur en WRC (copyright Morelli.Bertier).

Le pilote finlandais Esapekka Lappi fut le plus performant de l'équipe Ford mais sa 4e place finale ne doit pas masquer la contre performance d'ensemble d'une équipe Ford considérablement rajeunie (copyright Morelli.Bertier).

Le code de la route revu et corrigé pour les rallyes WRC (copyright Morelli.Bertier).